mardi 4 septembre 2012

L'ABS : du train à la voiture en passant par l'avion

Le système de freinage ABS est désormais très répandu sur nos véhicules. Mais peu de gens savent que cette technologie provient initialement d'un autre secteur d'activité.

Genèse ferroviaire

Il semblerait en effet que le premier système antipatinage ait été introduit par un britannique du nom de J. E. Francis pour ralentir des trains, au moins d'après une page de Bosch et cet autre document.
Ce système permettait d'abord d'éviter l'usure prématurée des roues de trains.
Par la suite, il est devenu évident que les trains équipés freinaient plus efficacement, c'est-à-dire sur une plus courte distance.

L'avion, puis l'automobile

Selon cette page Wikipédia francophone, un système similaire a été inventé en 1920 par le français Rémy Doher pour équiper les avions afin d'éviter leur dérapage à l'atterrissage ; la page Wikipédia anglophone correspondante évoque l'équipement d'avions avec ce type de freins en 1929 par Gabriel Voisin, un pionnier de l'aéronautique.
Ainsi, l'ancêtre de l'ABS a commencé sa carrière dans le monde du rail, avant d'aborder celui de l'air. Et ce n'est qu'en 1936 que Bosch dépose un brevet sur une application à l'automobile. Mais le temps de réaction du système n'est pas à la hauteur du besoin, et l'histoire de l'ABS marque une pause.
Ce n'est donc qu'à partir des années 1960 que les industriels de l'automobile remettent leur nez dans cette technologie, avec les premières applications commerciales dans les années 1970. Les progrès de l'électronique sont passés par là, et le système ABS est devenu mature.

Une médiation technique ?

Curieusement, je n'ai pas trouvé de liens directs entre ces inventions successives. Mais peut-on croire que des secteurs différents comme l'automobile, l'aéronautique et le ferroviaire ait inventé plusieurs fois des systèmes semblables ?
J'en doute fort, et pour deux raisons :
  • d'abord, ces secteurs très différents aujourd'hui étaient bien plus proches à l'origine : par exemple, de nombreuses marques d'automobiles actuelles étaient aussi des marques d'avions et vice-versa (Rolls-Royce fait encore des moteurs d'avion) ;
  •  et ensuite, parce que l'ingénieur de l'époque était nettement moins spécialisé qu'aujourd'hui, et qu'il pouvait avoir une culture technologique dépassant sa seule spécialité.
Il est donc fort probable que les inventions successives soient le produit d'une curiosité intellectuelle des ingénieurs pour d'autres technologies que la leur. Ainsi, ils ont certainement agit pour leur compte en véritables médiateurs techniques.