vendredi 17 mai 2013

Des usines sur des bateaux

Je vais certainement faire hurler les anti-mondialisation, mais il faut bien le constater, beaucoup de nos matières premières viennent de l'autre bout de la planète et continueront de le faire.

Le problème des importations de textile

L'une des rares barrières contre la mondialisation reste le temps d'expédition. On sait que certaines marques de prêt-à-porter européennes comme Zara arrivent à rester concurrentielles grâce à leur réactivité, à leur capacité à s'adapter à la mode en temps réel, c'est-à-dire à la semaine plutôt qu'à la saison.
La Chine est loin, et les bateaux transportant des marchandises mettent plusieurs semaines pour livrer les commandes de vêtement. Impossible d'être aussi réactif que les fabricants locaux.

La solution des bateaux de pêche

En fait, le problème majeur est que le temps de transport n'est pas exploité pour transformer les matières premières. L'idéal serait de mettre une usine sur un porte-conteneur.
Or le secteur de la pêche a depuis longtemps conçu une solution permettant de rester longtemps en mer sans que le poisson se dégrade : le navire-usine.
Ce type de bateau comporte une "usine" : les poissons pêchés y sont vidés, lavés et surgelés.
Certes, le besoin est différent : il s'agit de passer plus de temps en mer, pour éviter les allers-retours à terre qui font perdre du temps et donc du rendement. Mais au final, cela démontre la faisabilité d'une usine installée sur un bateau. Reste à en étudier la rentabilité économique.
À quand les ateliers de textile embarqués ?

De l'innovation et de la mondialisation

On me reprochera certainement de faire le jeu des pays low-cost. Certes, ils ont intérêt à mettre en œuvre ce genre d'innovation.
Mais attention : rien n'interdit que ce soient des entreprises européennes qui lancent ces innovations, avec du personnel européen. L'ouvrier-marin n'est pas forcément de la nationalité du pays d'origine des matières premières, surtout si l'on a besoin de personnel très qualifié.
L'innovation est souvent à double tranchant : une opportunité pour certains, une menace pour d'autres. Mais si ce n'est pas nous qui anticipons en innovant, n'ayons crainte : ce seront les pays émergents. Qu'attendons-nous pour faire de la mondialisation une opportunité plutôt qu'une menace ?