lundi 6 janvier 2014

Crowdfunding et publicité

Toujours en pleine campagne de crowdfunding, j'ai expérimenté pour vous la publicité via les réseaux sociaux.

La pub aide-t-elle à se financer ?

Il semble paradoxal de dépenser de l'argent lorsqu'on cherche précisément...de l'argent. Pourtant, c'est bien ce que font couramment les investisseurs ou les chefs d'entreprises. Dépenser utile peut rapporter. C'est le principe du retour sur investissement.
À ce titre, j'ai donc testé plusieurs formules pour faire connaître ma levée de fonds. Certaines sont gratuites, d'autres payantes. Il est intéressant de faire le bilan de deux semaines d'essais.
Commençons par les formules gratuites.
  • Twitter : évidemment, la communication d'aujourd'hui sans Twitter semble totalement dépassée. Il est vrai que cela ne coûte rien, et qu'un bon buzz peut rapporter gros. Mais comme je le disais dans un article précédent, il faut encore que le potentiel de viralité de votre produit soit suffisant. Dans mon cas, l'achat d'actions de startup, c'est plus que douteux.
    Et effectivement, il n'y a pas eu beaucoup d'effet sur la levée de fonds. La seule observation intéressante que j'ai pu faire : en mettant des hashtags comme #crowdfunding et #startup dans mes tweets, j'ai eu plusieurs retweets et plusieurs de mes tweets ont été marqués comme favoris.
    Au passage, j'en profite pour signaler l'excellent outil gratuit IFTTT qui permet d'automatiser l'émission de tweets, entre autres choses.
  • LinkedIn/Viadeo : sans faire de campagne de publicité payante, vous pouvez compter sur deux outils. L'un est le changement du profil : vous indiquez une nouvelle activité (levée de fonds) sur votre profil, et dès que vous appliquez la modification, vos contacts en sont avertis. Bon, à part quelques félicitations, l'efficacité est douteuse. Mais j'ai peut-être eu un investisseur via ce canal.
    L'autre outil est la publication dans les forums. En écrivant dans plusieurs groupes que vous êtes en levée de fonds, vous pouvez atteindre au-delà de vos contacts. Très belle opportunité, donc. Le bémol : à force d'avoir des e-mails de chaque groupe Viadeo ou LinkedIn toutes les semaines avec le résumé des publications, ça ressemble à du spam, et les gens finissent pas ne plus les lire. En tout état de cause, j'ai du avoir un ou deux investisseurs par ce biais.
  • Ce blog : évidemment, je profite de ce blog pour communiquer autour de ma levée de fonds. Cher lecteur, tu es donc une victime de ma campagne de communication. J'espère que je t'apporte suffisamment de réflexion dans mes articles pour contrebalancer l'aspect publicitaire de certains paragraphes.
    À ce jour, je ne crois pas avoir eu d'investisseur via ce blog, mais il est vrai que mes lecteurs sont aussi souvent mes contacts Viadeo ou LinkedIn.
  • Un article dans le journal des élèves de mon école d'ingénieur. M'étant dit que les étudiants seraient plus emballés par le crowdfunding que les 30+, j'ai demandé à publier un article dans ce journal. Il est certain que les étudiants sont généralement fauchés, mais ils peuvent communiquer sur un projet qui leur plaît.
    J'ai eu un investisseur par cette voie.
  • Les listes de diffusion des anciens de mon école. Alors là, attention ! Un réseau d'anciens, c'est bien, c'est puissant, mais il faut respecter des règles de bonne conduite. En effet, si les anciens sont harcelés par des e-mails qui ne les intéressent pas, ils finiront pas ne plus lire les communications des autres anciens. C'est pour cela qu'il existe souvent des chartes de bonne conduite. Par exemple, il est hors de question d'écrire un e-mail aux 20 000 anciens de mon école. C'est un coup à se faire radier de l'association. Il vaut mieux passer par des listes de diffusion expressément construites autour d'un thème. Ces listes sont généralement modérées, ce qui signifie que votre message peut être filtré par un administrateur s'il n'a pas de rapport évident avec le thème en question. Bref, ce n'est pas une baguette magique.
    À ce jour, pas d'investisseur par cette méthode, mais étant donné que je suis prudent sur ce canal, j'ai encore quelques essais à faire.
Voilà pour le gratuit. Mis à part les groupes des réseaux sociaux professionnels, il est difficile d'accéder à d'autres cercles que ceux de ses contacts professionnels et des anciens de son école de manière purement gratuite.
J'ai donc décidé d'essayer de lancer des campagnes payantes. Voici lesquelles.
  • Viadeo : j'ai misé 100 € sur leur "Social Ads". Des communications courtes, publiées auprès de 1800 personnes dans Viadeo (c'est ce qu'on peut avoir pour ce prix-là). Résultat : une poignée de clics. Soit 0,28% de marque d'intérêt, et 20 € par clic. Sans pour autant avoir eu le moindre investisseur. Il faut dire que le ciblage est médiocre, vous ne pouvez pas cibler les profils les plus à même de s'intéresser à votre projet. Autant dire que c'est pisser dans un violon.
  • LinkedIn : je n'ai tout simplement pas réussi à lancer la campagne basée sur ma vidéo Youtube. Impossible de la faire reconnaître par LI. J'ai laissé tomber.
  • Facebook : j'ai également misé 100 €. Le ciblage n'est guère meilleur que Viadeo, mais la campagne semble bien plus efficace en termes de clics. Avec pour l'instant 19 € de campagne (elle continue), j'ai eu 44 clics vers le site de la campagne, quelques "like" sur la page Facebook de Prométhée, et un coût par clic de 0,44 €.
    Toutefois, ce que j'observe, c'est que les gens qui "like" ma campagne ne sont pas franchement ma cible d'investisseurs. Des étudiants, des femmes au foyer, bref, le ciblage ne semble vraiment pas top. C'est pas comme ça que j'arriverai à lever 72 000 €.
  • Youtube : j'ai aussi essayé la promotion de la seule vidéo. Pareil, 100 € de misé.Dans la mesure où l'on peut ajouter un lien vers un site dans la vidéo depuis la plateforme Youtube, la vidéo devrait permettre d'atteindre le site de levée de fonds. En plus, le ciblage est a priori plus fin que Viadeo et Facebook.
    Le résultat : environ 1 000 vues de la vidéo. Soit 0,10 € par vue. Pas mal ! À ma connaissance, il n'y a toutefois pas eu d'investisseur grâce à cette voie de communication. Mais comme j'ai découvert que le lien vers le site de la campagne de crowdfunding n'était pas visible depuis les mobiles, je me demande combien de personnes ont vu la vidéo sur un ordinateur (avec le lien), et combien l'ont vu depuis un smartphone (sans le lien).
Voilà pour deux semaines de campagnes publicitaires. Mes conclusions : laisser tomber Viadeo pour la publicité, observer encore la campagne Facebook mais avec un fort scepticisme, et si c'était à refaire, miser tout sur Youtube en incluant le lien directement dans la vidéo.
En attendant mes prochains retours d'expérience, vous pouvez toujours investir dans mon projet : http://sparkup.fr/deucalion. Merci d'avance !