mardi 2 avril 2013

Et si on subventionnait les emplois ?

La crise économique est violente, nous sommes en pleine tempête. Les emplois diminuent, et l'État doit dépenser toujours plus pour les nouvelles charrettes de chômeurs qui aggravent tous les mois les statistiques sociales ainsi que la dette publique.
Et les chômeurs payant moins de charges sociales, les entreprises versant moins de charges patronales, les revenus de l'État baissent encore plus et le déficit public s'accentue. Le pire entraîne le pire.
Et si on raisonnait autrement ?

La rétroaction positive, source d'instabilité spontanée

Concernant la dette, nous sommes dans ce que l'on appelle une rétroaction positive. Ou, si vous préférez, un cercle vicieux. En gros, plus l'État s'endette, moins il a de moyens pour relancer l'emploi, ce qui contribue à l'endetter encore plus.
Les physiciens de toutes les disciplines connaissent bien le principe de rétroaction. Les électroniciens savent qu'une telle rétroaction positive est une situation d'instabilité des courants électriques, qui est souvent dangereuse pour le matériel. Dans le monde de la musique, en particulier, cela se traduit par l'effet Larsen, si désagréable pour les auditeurs.
Les avalanches dans les massifs montagneux ne sont rien d'autre que des rétroactions positives : dans certaines situations, la moindre petite boule de neige qui roule déstabilise une masse de neige plus grosse, qui elle-même va déstabiliser une masse encore plus grosse, et ainsi de suite jusqu'à la catastrophe.
Bien que la rétroaction positive soit parfois voulue par les concepteurs, à condition qu'elle soit maîtrisée, il faut généralement éviter que la moindre perturbation soit amplifiée par le système telle une avalanche. On cherche donc à créer des rétroactions négatives, où les conséquences s'opposent aux causes qui les ont générées. C'est la garantie d'une certaine stabilité.
Peut-on transposer ce principe à l'économie ? Oui, quitte à heurter les habitudes.

L'emploi subventionné

Pour créer une rétroaction négative entre la dette et l'emploi, il suffit que tout emploi perdu se traduise par une baisse de la dette. Comment peut-on faire ? Tout simplement, en subventionnant l'emploi.
Supposons qu'aujourd'hui on supprime toutes les charges (sociales et patronales) sur les emplois, et qu'on les remplace par des subventions. Disons, 10%. Pour un employé payé au SMIC net (1100 €), l'entreprise toucherait ainsi 110 € au lieu de verser quelques centaines d'euros de charges sociales et patronales.
Bien sûr, il faut compenser la perte de revenus de l'État. Nous y reviendrons. Mais désormais, si cet employé est licencié, l'État économise 110 € par mois. Cet argent peut alors servir à financer la création d'un nouvel emploi ou son recrutement. Dans la situation actuelle, Pôle Emploi toucherait des milliards d'euros, et pourrait recruter du personnel en masse pour faire face au chômage massif.
Reste à le financer. Comment ? Par de l'impôt, certes. Mais pas sur les salaires. Il y a plein d'alternatives : TVA, taxes sur la pollution, impôt sur la fortune, taxes foncières... Il s'agit simplement de bien choisir le taux. Mais pour le coup, la "fiscalité négative" sur le travail favorise le retour au plein emploi.
Non, on n'a pas tout essayé contre le chômage !