lundi 26 août 2013

Réparer les autoroutes par dessous ?

En cette période de retours de vacances, je vous soumets une réflexion encore peu aboutie.

Marre des travaux pendant l'été ?

Si vous avez pris la voiture pour partir en vacances, comme des millions de Français et d'Européens, vous avez certainement été agacé par les travaux sur l'autoroute.
Personne ne nie qu'il est important de maintenir les routes dans un bon état, et que l'entretien est impératif. J'ai quelques souvenirs de voyages au Sénégal ou... à New-York, où l'état des routes justifiait à lui seul d'acheter un 4x4. Toutefois, les travaux sur l'autoroute sont très fréquent en été, précisément pendant les départs et les retours de congés, et on a un peu l'impression qu'ils ont tous lieu en même temps.
J'ignore la raison exacte de leur positionnement en été. Est-ce le climat qui est plus favorable ? Est-ce qu'on compte sur une réduction du trafic en semaine ? Est-ce qu'on estime que les vacanciers seront plus détendus ? J'espère que cette dernière raison n'est pas la raison essentielle : quand vous roulez pendant 8h et que vous empruntez une section en travaux toutes les vingt minutes, ça finit par taper sur le système.
Bref, les travaux, c'est pénible.

Et si l'on réparait par en-dessous ?

Le fond du problème est le suivant : on intervient sur la partie qui s'use (le revêtement routier) en se plaçant entre celle-ci et le milieu agressif (les voitures). De ce fait, la réparation empêche provisoirement l'usage.
Si je prends une analogie biologique, c'est comme si un être humain devait réparer sa peau en la couvrant de sparadraps et autres pansements. Même s'il faut passer par là pour les plaies les plus graves, les égratignures se guérissent pourtant toutes seule.
Il existe d'ailleurs des activités industrielles où la réparation ne peut être faite ainsi.
Par exemple, les fours verriers ont des durées de vie qui dépassent les dix ans (on approche même, voire on atteint, les 20 ans d'exploitation en continu). Hors de question d'arrêter un four verrier : c'est trop cher car la production mettrait des jours avant de repartir comme avant, et le four refroidi serait peut-être bien plus abîmé par le refroidissement que par l'usure normale. Pourtant, le verre fondu à 1500°C ronge inexorablement les briques réfractaires qui constituent le four.
Et comme il n'est pas envisageable d'envoyer un maçon fumiste (j'adore le nom de cette profession) dans le four verrier à 1500°C, il faut bien réparer depuis l'extérieur du four.
Si l'on transpose au problème routier, cela donne le concept suivant. La route n'est plus réparée par le dessus, en empêchant les voitures de rouler dessus, mais par en dessous, pendant l'utilisation de la route.
Imaginez : tous les jours, un bout de route frais est injecté sous la route, il pousse les bouts de route existant vers le haut, et la route en surface est éliminée par l'usure.
Certes, le macadam et le béton n'est pas forcément adapté à un tel système. En particulier, parce que l'usure n'est pas homogène sur la surface de la route. On peut penser à détourner un système de dalles stabilisatrices pour le gazon ou le gravier : généralement, ce sont des structures creuses hexagonales dans lesquelles on peut mettre du gravier ou du gazon, chaque cellule hexagonale étant indépendante. Il suffirait de traiter chaque cellule de route (remplie de bitume ?) de manière indépendante.
Bon, c'est évidemment une rupture technologique que je propose, mais si l'on peut éviter de gâcher le début et la fin des vacances, ça vaut le coup, non ?